Pages : 564
Paru en : mai 2014
Edition : EDITIONS FRANCE LOISIRS
Prix public : 9,90 €
Genre : roman, histoire, guerre
En novembre 1918, alors que la guerre se termine enfin, Albert Maillard et Edouard Péricourt, au combat depuis 4 ans, sont encore en vie et entiers. Quand leur lieutenant Pradelle, un homme aux dents longues, prépare une ultime attaque aux intérêts plus politiques que stratégiques, il tue deux de ses hommes discrètement en accusant le camp adverse. Albert est perplexe sur la situation et en analysant, lors de la bataille, les corps de ses deux camarades, il comprend vite que les balles reçues dans leur dos ne peuvent provenir de l’ennemi mais Pradelle, se voyant démasqué, rapide et sans scrupule, bouscule Albert dans un trou d’obus d’où il ne peut sortir et encore moins quand une bombe vient recouvrir son trou et enterre le pauvre Albert vivant.
Edouard Péricourt, un garçon très chanceux, souriant et un dessinateur fantasque, dont le père est bien placé dans la haute bourgeoisie, est blessé à la jambe et à terre quand il voit Albert se faire recouvrir de terre par la bombe. Il n’hésite pas une seconde pour le secourir et parvient à libérer Albert d’une mort imminente mais un second obus arrachera une partie du visage d’Edouard.
Sans en mourir (peut-être aurait-il mieux valu), Edouard va passer des mois à souffrir le martyre. Albert restera à son chevet.
Une fois la guerre véritablement terminée, une fois Pradelle devenu capitaine sans mérite, Edouard prévient Albert qu’il ne veut pas rentrer chez lui, dans sa famille richissime, avec un père qui le rejette. Albert le fait donc passer pour mort et lui donnera une nouvelle identité, celle d’un camarade tombé au combat.
Ainsi déclaré mort, Edouard n’a droit à aucune pension de guerre et Albert le prend avec lui dans un petit appartement où ils commencent leur laborieuse vie à deux.
Albert se démènera pour trouver de quoi les faire vivre et surtout alimenter en morphine un Edouard devenu accroc et fou de douleur.
Pendant ce temps, Pradelle épousa la sœur d’Edouard et devint de fait influent à son tour. Grâce aux relations de son beau-père, il se lança dans le commerce d’après-guerre.
A la charge de créer des cimetières militaires où il fera rapatrier tous les corps des soldats inhumés sur les champs de bataille, Pradelle saisit cette opportunité à coups de magouilles, intimidations et rabais imposés, car tout le budget alloué par l’Etat qui ne serait pas dépensé servirait aux frais personnels de Pradelle pour rénover la propriété familiale.
Plutôt que de se morfondre et d’attendre la mort, Edouard décide enfin de reprendre le crayon et de plancher sur un nouveau projet, la commercialisation de monuments aux morts fictifs qu’il aura dessinés, mis sur catalogues, distribués à toutes les mairies de France en demandant un acompte pour chaque commande passée. Le tout sera, dit-il, livré le 14 Juillet, jour où Albert et Edouard s’enfuiront de France avec le pactole.
Parce que beaucoup se sont enrichis sur la guerre pendant que d’autres mourraient, parce qu’Edouard était un homme beau et joyeux avant que cette guerre ne le détruise à jamais, parce qu’il rêve de revanche sur la vie et ne supporte pas l’ingratitude de l’Etat, le duo mettra au point la plus grande arnaque d’après-guerre basée sur un sentiment devenu à la mode : le patriotisme.
Au revoir là-haut est un roman fictif qui tout le commerce qu’a engendrée l’après-guerre, creusant les inégalités, au détriment des poilus et de leurs souffrances endurées, mais également le fait réel du scandale des cimetières militaires contenant des tombes de soldats vides, inversés ou même avec des ennemis dedans.