Pages : 330
Paru en : janvier 2011
Édition : Nouveau Monde Editions
Prix public : 20,20 €
Genre : reportage, enquête
Lydia Cacho est une journaliste mexicaine, militante pour le droit des femmes, qui enquête des années durant sur le trafic de femmes et de petites filles et l’exploitation sexuelle à travers le monde (Japon, Cambodge, Birmanie, Vietnam, mais aussi Argentine, Mexique, Turquie et Moyen-Orient) : l’un des marchés les plus lucratifs devant le trafic d’armes et de drogues.
Chaque « acteur » du trafic est entendu : mafieux, organisateur, victimes, police, client.. Lydia porte un bien triste constat sur la valeur de la vie d’une femme, le manque de scrupule des auteurs du trafic, la pauvreté environnante, la place de l’homme dans le monde et l’avidité qui forcent familles, femmes et trafiquants à être acteurs de la prostitution. Quand la femme devient un consommable partout dans le monde et que chacun ferme les yeux, cautionne ou même participe, comment aspirer à une société où hommes et femmes sont traités de façon équitable ?
Corruption, violence, dévalorisation, misère, chantage, tout le schéma opératoire de « recrutement » est finement ciselé, les enfants sont éduquées pour séduire et être attractives, les femmes sont violentées, violées et droguées pour qu’elles abandonnent peu à peu leur corps qui devient la propriété des hommes lubriques et parfois pervers.
Endettées, sans papier, certaines se persuadent qu’elles sont « faites pour ça », comme leurs trafiquants s’entêtent à leur dire…
Le trafic à des fins d’exploitation sexuelle fait de ces femmes et petites filles de simples consommables à la merci des hommes qui cautionnent car cela leur permet d’imposer leur puissance, leur virilité dans un monde où les hommes ont toujours dominés.
Les législations pour endiguer le trafic des humains est ambigu et peu suivi car beaucoup trouvent un intérêt à l’exploitation de ces filles et femmes, car il n’est pas aisé semble-t-il de différencier les prostituées consentantes des esclaves (même si elles sont enfants ?), car même quand ces dernières osent porter plainte, elles sont souvent violées par la police et rapatriées soit dans leur pays d’origine où la honte et la misère les attendent, soit chez leurs souteneurs pour reprendre le « travail ». Les options sont peu ragoutantes, c’est ainsi qu’elles s’abandonnent progressivement à la résignation.
Trafics de femmes est une enquête qui informe, dénonce et propose des solutions pour éviter l’objetisation des femmes et enfants. Sans entrer dans les descriptions morbides, elle synthétise les faits sans apitoiements.
L’auteure a pris beaucoup de risques pour mener à bien son étude et dénoncer ces actes déshumanisants à travers le monde, bravo à cette femme courageuse et à toutes celles qu’elle a rencontrées.